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Fantasme (2)

Mon fantasme le plus prégnant, ce cher rêve récurrent :

On sonne chez moi. Je me dirige vers la porte d’entrée. J’ouvre. Là, juste en face de moi, aussi gracieuse et ravissante qu’elle l’était lorsque je l’ai rencontrée, se tient mon « amoureuse » – virtuelle et platonique – ma plus belle expérience dans le cyberespace. Elle est mon élue. Mais vit loin de moi. Elle est pourtant  venue. Elle est là. Juste devant moi. Tendre et souriante, elle s’avance. Et je ne peux m’empêcher – suprême désir, plaisir souverain – de la prendre et la serrer dans mes bras.

Il n’y pas de suite… Ce seul éternel instant suffit à me combler.

Ou presque…

Comment se contenter d’une abstraction, alors qu’on donnerait tout pour la voir devenir réalité ? Au rêve succède la frustration.

Knocking on Heavens’s Door / Bob Dylan.

Walking On Sunshine / Katrina & The Waves.
[I just can’t wait till the day when you knock on my door
I just can’t wait till you write me you’re comin around]

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Marchand de sable

To NL, GoV.

Il est tard. Il fait nuit noire. Seuls quelques points brillent encore au firmament. Le marchand de sable, cet insomniaque, est venu te contempler pendant tu dormais. Il t’a écoutée respirer. A veillé sur ton sommeil. Un court moment. Avant de repartir, il a déposé sur ta joue parfumée un doux baiser, aussi léger que l’aile d’un papillon, ou d’un ange. Puis il s’en est allé, aussi discrètement qu’il était venu. Comblé et rassuré.
Demain, un clément soleil de printemps illuminera les hauts de ta montagne. Tu seras de nouveau émerveillée par ce miracle quotidien. Alors, sans que tu en aies conscience, ta main viendra délicatement effleurer ta joue. A cet instant, tu te sentiras étrangement aimée et protégée.

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Passé (2)

Il revient parfois, insolemment, nous hanter. Impoliment, il s’invite. Alors qu’on ne l’attendait pas, que nous ne lui avions rien demandé. Mais nous savons très bien que les fantômes n’existent pas. Il n’y a donc rien à craindre. Il repartira comme il est venu.

Sauf si nous le retenons.

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Images

Il y a des « images publiques » que l’on ne peut oublier et qui resteront à jamais gravées dans nos esprits.

Certaines, tragiques et dramatiques, génératrices de peur, d’angoisse ou de souffrance, comme celles de :

  • deux énormes champignons s’élevant au-dessus d’Hiroshima et de Nagasaki
  • deux lourds avions percutant et rentrant, « comme dans du beurre », dans deux géantes tours jumelles à New York
  • la tête de Kennedy explosant à l’arrière de sa limousine découverte à Dallas
  • ces bombes au napalm au Vietnam, incendiaires et délétères
  • ces survivant(e)s décharné(e)s sortant, tel(le)s des zombies, des camps de concentration ou d’extermination nazis, où qu’il soient…

Celles-là sont des images de mort et de violence.

D’autres, heureusement, sont plus réconfortantes ou porteuses d’espoir. Il en va ainsi de celles :

  • d’un homme-fourmi qui, à lui seul, arrête une colonne de chars blindés à Pékin
  • de tous ces inconnus venus participer à la destruction du mur de Berlin et emporter quelques gravats, en souvenir de ce moment unique et historique ; de Rostropovich jouant de son violoncelle
  • de la libération et du discours de Nelson Mandela au Cap
  • ou bien de celui de Martin Luther King à Washington (« I have a dream »)
  • de la très récente et imposante « marche républicaine » à Paris et dans la France entière

Celles-ci sont des images de vie et de paix.

Mais il y a aussi ces « images privées », heureuses ou malheureuses, tout aussi présentes dans notre mémoire, tant elles nous ont également marqué(e)s ou frappé(e)s. Bien entendu, par pudeur ou par discrétion, je vous en ferai grâce, ou plutôt n’en citerai qu’une, si commune : celle de la naissance de mes enfants.

Comme aphorisme, on peut faire mieux ! 😀

1989 : un tank chinois sur la place Tiannanmen.

Le Cinquième élément / Luc Besson.

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Bague

A NP.

Lors d’un court séjour, dans une petite ville située non loin de la mer, je m’étais offert une petite bague de peu de valeur, trouvée par hasard sur l’étal d’un marché de rue. Sur l’anneau de ce colifichet – tout à fait ordinaire et  très peu onéreux –  était fixé un « smiley » verni légèrement convexe, représentant en quelques traits noirs, un visage souriant sur un fond dont la couleur et le brillant rappelaient ceux de la nacre. C’est d’ailleurs cet aspect qui me poussa à franchir le pas. J’étais accompagné, lors de cet achat, d’une assez jolie jeune femme, qu’apparemment je ne laissais pas indifférente. La  réciproque étant également vraie. Nous avions un point commun :  le goût et l’envie de rire. Ce dont nous ne nous privions pas lorsque nous étions de sortie ensemble !

Quelque temps après – à force de se coincer dans la poche étroite de mon jean, lorsque j’y glissais la main – le « smiley », très mal soudé sur l’anneau de piètre qualité, est tombé. Je croyais l’avoir perdu et me sentais assez contrarié, car je ressentais une sorte d’affection pour ce tout petit objet. L’ayant vainement cherché, et le croyant définitivement perdu,  je finis néanmoins par le retrouver par hasard.  Je ne sais plus où ni comment.

Mais je compris par la suite que l’intérêt et que je portais à cet objet, ainsi que l’attraction qu’il suscitait en moi,  ne venait pas du bijou en soi, mais plutôt de la personne qui m’accompagnait. Preuve en est que, n’ayant jamais pu recoller le « smiley »,  je gardais cependant l’anneau à mon doigt, qui (coïncidence troublante) se trouvait être mon annulaire. Devais-je voir dans tout cela un symbole favorable ou un funeste présage ? Un bijou brisé ou bien un lien sacré ?  Cela, l’histoire ne le dit pas.

A vous (et moi) d’en inventer la suite…

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Amour (4)

S’il existe un salut ici-bas, il ne peut venir que de là.

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Revanche

On attend parfois une revanche. Souvent elle ne vient pas. Du moins pas sous la forme qu’on attendait.

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