Archives de Tag: Mémoire

Contexte

« Je me souviens qu’un jour […] notre orthophoniste m’a expliqué que la mémoire emmagasine les informations avec leur environnement. Même si je vois le visage de ma boulangère tous les matins en allant acheter mon pain, il se peut que je ne la reconnaisse pas en la croisant dans la rue ou au supermarché : je vais probablement me dire que je l’ai déjà vue, mais je ne vais pas me rappeler tout de suite de qui il s’agit. Et peut-être pas du tout. »

In : Les Trois Médecins / Martin Winckler, Gallimard, 2006, (Folio ; 4438), p. 509. Première éd. chez P.O.L, 2004.

J’ai vécu cette situation un nombre incalculable de fois ! Me disant sur le champ que je n’étais pas très physionomiste (pas plus qu’orthophoniste d’ailleurs). 😀 Avant de me rendre compte (je le dis avec mes mots) que cela n’était qu’une question de contexte. Sorti de celui-ci, il est parfois assez difficile de reconnaître quelqu’un, que pourtant l’on connaît.

A ma fille chérie, qui m’a fait connaître ce bouquin. :-*

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Neige

Quelle ne fut pas ma surprise ce matin, lorsqu’en ouvrant mes volets, je découvris, sur les toitures et les trottoirs, une fine couche de neige ! Car je n’avais ni vu ni entendu les prévisions météorologiques de la veille. Sans doute erronées, comme on me le confirma plus tard dans la journée.

La première image qui me vint instantanément à l’esprit fut celle d’un gâteau saupoudré de sucre glace. Ne me demandez pas pourquoi. Probablement parce que suis gourmand. A l’étonnement succéda le contentement. Car j’aime la neige. Elle est pour moi un cadeau du ciel. Comme, encore enfant, je croyais que l’étaient mes cadeaux de Noël, dans leurs écrins chamarrés.

C’est sans doute pourquoi revinrent à ma mémoire divers souvenirs d’hivers enneigés, datant de mon d’enfance : boules et bonhommes de neige bien sûr, glissades en tous genres sur des luges de fortune, bonnets et gants de laine tout mouillés, parties de hockey sur glace improvisées, en compagnie de mon voisin, dans l’allée bordant la maison de ses parents. Et la douce chaleur du foyer succédant à la fraîcheur de l’extérieur.

Ma journée commençait bien. Les désagréments et les rabat-joie, on verrait ça plus tard. Pour l’instant, je ressentais seulement l’impérieux besoin de partager ce petit moment de bonheur avec quelqu’un. Et comme je n’avais personne sous la main, je me mis tout simplement à écrire. Ce que vous êtes en train de lire.

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Images

Il y a des « images publiques » que l’on ne peut oublier et qui resteront à jamais gravées dans nos esprits.

Certaines, tragiques et dramatiques, génératrices de peur, d’angoisse ou de souffrance, comme celles de :

  • deux énormes champignons s’élevant au-dessus d’Hiroshima et de Nagasaki
  • deux lourds avions percutant et rentrant, « comme dans du beurre », dans deux géantes tours jumelles à New York
  • la tête de Kennedy explosant à l’arrière de sa limousine découverte à Dallas
  • ces bombes au napalm au Vietnam, incendiaires et délétères
  • ces survivant(e)s décharné(e)s sortant, tel(le)s des zombies, des camps de concentration ou d’extermination nazis, où qu’il soient…

Celles-là sont des images de mort et de violence.

D’autres, heureusement, sont plus réconfortantes ou porteuses d’espoir. Il en va ainsi de celles :

  • d’un homme-fourmi qui, à lui seul, arrête une colonne de chars blindés à Pékin
  • de tous ces inconnus venus participer à la destruction du mur de Berlin et emporter quelques gravats, en souvenir de ce moment unique et historique ; de Rostropovich jouant de son violoncelle
  • de la libération et du discours de Nelson Mandela au Cap
  • ou bien de celui de Martin Luther King à Washington (« I have a dream »)
  • de la très récente et imposante « marche républicaine » à Paris et dans la France entière

Celles-ci sont des images de vie et de paix.

Mais il y a aussi ces « images privées », heureuses ou malheureuses, tout aussi présentes dans notre mémoire, tant elles nous ont également marqué(e)s ou frappé(e)s. Bien entendu, par pudeur ou par discrétion, je vous en ferai grâce, ou plutôt n’en citerai qu’une, si commune : celle de la naissance de mes enfants.

Comme aphorisme, on peut faire mieux ! 😀

1989 : un tank chinois sur la place Tiannanmen.

Le Cinquième élément / Luc Besson.

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Mémoire

L’un des avantages (sans doute le seul d’ailleurs) qu’il y aurait à perdre la mémoire serait peut-être de nous permettre, faute de choix, de vivre uniquement et pleinement dans le présent (quitte à l’oublier immédiatement, mais là n’est pas la question).

C’est ce que peut enseigner, aux pauvres occidentaux que nous sommes, la philosophie bouddhiste.

[Il est donc inutile de préciser que je ne suis pas en train de faire l’apologie de la maladie d’Alzheimer. Mais au cas où,  sachez que j’ai un très bon avocat,  je vous préviens !]. 😀 😀 😀

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Vieillesse

<< Il n’y a pas d’amour
(Pas vraiment, pas assez)
Nous vivons sans secours,
Nous mourons délaissés.
L’appel à la pitié
Résonne dans le vide,
Nos corps sont estropiés
Mais nos chairs sont avides.
Disparues les promesses
D’un corps adolescent,
Nous entrons en vieillesse
Où rien ne nous attend
Que la mémoire vaine
De nos jours disparus,
Un soubresaut de haine
Et le désespoir nu. >>

Michel Houellebecq – La Possibilité d’une île.

[Je sais : c’est pas très gai,
Et oui ça se discute !
C’est juste un coup de blues, précédant la culbute.
Ça ira mieux en mai ! ] 😀

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Intelligence

Elle est protéiforme et plurielle.
C’est celle de l’esprit bien sûr, mais aussi celle du cœur, celle des mains, des yeux, du corps ; celle des uns, celle des autres, la nôtre… Si ma mémoire de latiniste est bonne, « intelligere » signifie comprendre ; et il n’y a pas en nous que l’esprit qui soit à même de comprendre. La compréhension passe par bien d’autres canaux…
Mieux vaudrait donc parler d’intelligenceS, que d’Intelligence.

A.I. Intelligence Artificielle / Steven Spielberg.

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