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Bague

A NP.

Lors d’un court séjour, dans une petite ville située non loin de la mer, je m’étais offert une petite bague de peu de valeur, trouvée par hasard sur l’étal d’un marché de rue. Sur l’anneau de ce colifichet – tout à fait ordinaire et  très peu onéreux –  était fixé un « smiley » verni légèrement convexe, représentant en quelques traits noirs, un visage souriant sur un fond dont la couleur et le brillant rappelaient ceux de la nacre. C’est d’ailleurs cet aspect qui me poussa à franchir le pas. J’étais accompagné, lors de cet achat, d’une assez jolie jeune femme, qu’apparemment je ne laissais pas indifférente. La  réciproque étant également vraie. Nous avions un point commun :  le goût et l’envie de rire. Ce dont nous ne nous privions pas lorsque nous étions de sortie ensemble !

Quelque temps après – à force de se coincer dans la poche étroite de mon jean, lorsque j’y glissais la main – le « smiley », très mal soudé sur l’anneau de piètre qualité, est tombé. Je croyais l’avoir perdu et me sentais assez contrarié, car je ressentais une sorte d’affection pour ce tout petit objet. L’ayant vainement cherché, et le croyant définitivement perdu,  je finis néanmoins par le retrouver par hasard.  Je ne sais plus où ni comment.

Mais je compris par la suite que l’intérêt et que je portais à cet objet, ainsi que l’attraction qu’il suscitait en moi,  ne venait pas du bijou en soi, mais plutôt de la personne qui m’accompagnait. Preuve en est que, n’ayant jamais pu recoller le « smiley »,  je gardais cependant l’anneau à mon doigt, qui (coïncidence troublante) se trouvait être mon annulaire. Devais-je voir dans tout cela un symbole favorable ou un funeste présage ? Un bijou brisé ou bien un lien sacré ?  Cela, l’histoire ne le dit pas.

A vous (et moi) d’en inventer la suite…

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Plat (allégorie)

Un jour, l’une de mes amies  me confia la chose suivante : « Dans ma vaisselle se trouvait un plat que je chérissais tout particulièrement. Il était si beau et j’y tenais tellement que je ne le sortais que dans les grandes occasions. Hélas – j’ai oublié dans quelles circonstances – il fut brisé net en deux morceaux. J’en fus très attristée car j’y tenais beaucoup. »
Puis elle formula dans la foulée cette troublante assertion : « J’ai gardé ce plat dans un coin de mon buffet, mais je n’ai jamais voulu le recoller. Il n’aurait plus été le même à mes yeux, et risquait de se casser à nouveau à tout moment. »
Je veux bien la croire et la comprends. Il m’est arrivé une histoire tout à fait semblable. La seule différence est que je me souviens parfaitement des circonstances et qu’il n’y était nullement question de plat.

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